Ce n’était pas un plan, c’était une nécessité. Après une période d’arrêt maladie trop longue faute de diagnostics, j’avais besoin de créer avec mes mains. De faire un truc concret, doux et réconfortant, bref d’utile. Les premières créations, je les ai faites pour mes enfants. Puis pour des proches. Puis quelqu’un m’a dit “tu devrais les vendre”.
Je ne savais pas encore que cette phrase allait tout changer…
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Ce n’était pas un plan. C’était une nécessité.
C’était il y a 5 ans. Après une longue période de travail où j’arrivais au bureau en pleurs de douleurs, dans ma voiture, pour avoir conduit trop longtemps dans les bouchons, puis de retour chez moi en plusieurs stops en appuyant avec ma main sur ma jambe qui ne pouvait plus pousser la pédale d’accélérateur.
Après plusieurs arrêts maladies que je devais accepter à contre coeurs, avec tout le stress de ce que ça me ferai endurer par les RH et la culpabilité d’abandonner complètement une équipe.
Après des mois et années suspendus dans l’attente de diagnostics qui tardaient à venir. Et des fausses frayeurs aussi, comme quand on m’a alertée sur les similitudes avec la maladie de Charcot ou d’autres maladies terribles qui nous faisaient faire des montagnes russes émotionnelles familiales.
Bref, après tout ça j’avais un besoin profond de retrouver quelque chose de concret. Créer avec mes mains, fabriquer des objets doux, utiles, réconfortants. Des choses qui existent vraiment, qu’on peut toucher et offrir.
Les premières créations artisanales faites main, je les ai fabriquées pour mes enfants. Puis pour offrir à des proches. Puis un jour, quelqu’un m’a dit : “tu devrais les vendre”.
Je ne savais pas encore que cette phrase allait tout changer.
Une période difficile, et un besoin de créer
La maladie, quand elle s’installe sans explication, a quelque chose de particulièrement épuisant. Pas seulement physiquement. C’est l’identité qui vacille. On ne sait plus très bien ce qu’on vaut, ce qu’on est capable de faire, ce qu’on va devenir.
C’est dans ce contexte que j’ai commencé à coudre. Non pas comme thérapie, je n’aime pas trop ce mot quand on l’applique à la création. Non, plutôt comme un retour à l’essentiel. Quelque chose de simple : choisir une couleur, poser un contour, couper la feutrine, broder, assembler, coudre, rembourrer, finir. Un geste après l’autre…
La feutrine de laine est devenue ma matière de prédilection. Naturelle, agréable au toucher, légère mais aussi solide. Elle a quelque chose de rassurant, presque affectif. Exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-là.
Les premières créations faites main : pour les enfants, pour les proches
Les toutes premières pièces, je les ai créées sans aucune intention de les vendre. Un petit porte-clés pour mon fils, un autre pour égayer le sac de mon ado, un ornement coloré pour décorer un sapin. Des objets qui n’existaient nulle part autour de nous, pensés pour des gens que j’aimais.
Puis les proches ont commencé à remarquer et à demander : “Tu pourrais m’en faire un ? C’est toi qui as fait ça ?” Ces questions, au début, me surprenaient. Je ne me considérais pas comme artisane, j’avais bossé dans la communication, le graphisme et le web… Je créais, c’est tout.
Mais il y a eu cette phrase. Ce “tu devrais les vendre” dit par quelqu’un que j’estimais, avec un regard sincère. Pas une politesse, plutôt une vraie conviction.
La naissance de la micro-entreprise artisanale
Lancer une micro-entreprise artisanale, ça ne s’improvise pas, ou plutôt, ça commence toujours par une hésitation, et c’est exactement ce qui s’est passé. J’ai réfléchi, hésité, puis sauté le pas.
L’Atelier Jocha est né de cette décision. Un nom qui me ressemble, la contraction des prénoms de mes deux garçons : Joseph et Charlie. Je voulais un univers entièrement fait main, et une promesse : chaque pièce serait unique. Conçue de A à Z, du patron à la finition, avec le soin qu’on apporte aux objets qu’on fabrique pour les gens qu’on aime.
Aujourd’hui, l’Atelier Jocha propose des broches, des porte-clés, des petites peluches, des décorations et des cadeaux artisanaux en feutrine de laine. Des pièces colorées, originales, qui sortent de l’ordinaire. Et des créations sur mesure pour particuliers et entreprises, parce que l’artisanat fait main, c’est aussi pouvoir dire que je veux quelque chose qui n’existe que pour moi.
Ce que l’artisanat m’a appris
Créer avec ses mains, c’est une forme d’accomplissement. La feutrine demande de l’attention, de la précision, de la patience. Et en retour, elle offre quelque chose de rare : le sentiment d’avoir fait quelque chose de bien, de vrai, de durable.
Je pense souvent aux gens qui reçoivent les créations de l’Atelier Jocha. Un porte-clés qui fait sourire chaque matin. Une broche qui devient signature. Un câlin de poche qui réconforte un enfant dans les moments difficiles, et oui, ça arrive vraiment, les clients me l’écrivent parfois et ces retours sont précieux.
L’artisanat m’a appris que les objets faits main ont une âme. Pas de manière mystique, mais plutôt de manière très concrète : derrière chaque pièce, il y a quelqu’un qui a réfléchi, qui a choisi, qui a cousu. Et ça se sent.
Et si c’était vous aussi ?
Si vous êtes en reconversion, en arrêt, ou simplement en train de chercher quelque chose qui a du sens, je ne vous dirai pas que l’artisanat est la solution universelle. Mais je vous dirai que trouver quelque chose à faire avec ses mains, quelque chose qui produit un résultat visible, tangible, utile, ça change beaucoup de choses.
L’Atelier Jocha ne serait pas là sans cette période difficile. C’est paradoxal et c’est pourtant vrai. Parfois les nécessités deviennent les meilleures fondations.
Et si une phrase suffit parfois à tout changer, peut-être que celle-ci sera la vôtre : osez.
Merci de m’avoir lue jusqu’au bout.
Eve
